Hypnose et Nature

 

J’ai eu la chance de vivre ma formation de Praticienne en pleine nature. Dans un cadre idyllique, privatisé, verdoyant, loin de tout, de tout son d’activité humaine en tout cas, au chant des cigales, en plein été. Combien de séances partagées avec la surprise commune de pouvoir de mettre les pieds nus, dans l’herbe. Euh, je peux ?! Mais, euh, en tant que praticien, je ne dois pas porter des chaussures ?

 

On imagine souvent que dans un cadre thérapeutique, par convenances, le lieu adapté est un cabinet. Cela me rappelle ma première séance avec un nouvel ostéo. Le gars m’a reçue en tongs. Etrangement quand j’ai vu ça, je me suis dit « lui, il va me débloquer mes vertèbres en deux-deux ». Technique nouvelle de manipulation crânienne, sans « craquer », sans se préoccuper de la zone douloureuse mais du chemin qui y mène. Je n’imagine plus aujourd’hui me passer de ses compétences en cas de besoin, je lui ai d’ailleurs interdit de déménager 😉 .

 

Depuis le déconfinement, toutes mes séances se sont déroulées en pleine nature. Comme une idée de repousser les murs, de profiter ce qui est là, à notre portée, dont nous venons d’être privés pendant un moment, comme si ce cadre si puissant pouvait à lui seul être thérapeutique.

 

Pierre Rabhi a en quelques mots livré son incompréhension de la notion de liberté dans le monde moderne : ils sont enfermés toute l’année. Je suis triste de voir ce qu’on a fait de l’être humain. Un besognieux, enfermé toute l’année, et qui de temps en temps va glisser sur la neige, ou bronzer sur la plage pour compenser l’aliénation qu’il subit toute l’année, les frustrations et les déficits. Ils essaient de compenser ce qu’ils devraient avoir dans la vie. Ce mois de vacances, il faut compenser ce qu’on n’a pas eu toute l’année. On est libre de quoi ? De la maternelle au lycée on est enfermés. Les jeunes appellent ça le bahut d’ailleurs. Ensuite tout le monde travaille dans des boîtes. Des grandes, des p’tites boîtes. Même pour s’amuser on va en boîte. On y va comment, dans sa caisse. Et ensuite on a la boîte à vieux, en attendant la dernière boîte. Si ça c’est un programme libérateur, alors c’est que j’ai pas compris ce que voulait dire la liberté  _  https://youtu.be/EG_wlt2ic8s

 

Nous avons la chance de vivre dans un département qui offre tant de territoires naturels. Combien de sentiers, combien de panoramas offrant la ligne d’horizon. Pourquoi ne pas profiter de cette nature prédominante, pour se connecter à ce qui nous entoure, ce qui vit, pousser les murs, pour livrer et travailler encore plus activement ses problématiques ?

 

En retour d’une séance littéralement magique en pleine colline, perdues en pleine pampa, je continue de constater à quel point ce cadre sans parois ouvre par lui seul l’inconscient. Travailler son objectif sans en avoir l’impression, dans un milieu ouvert, qui presque à lui seul enfonce les barrières du conscient. C’est d’ailleurs « au hasard » d’une promenade dans un jardin botanique que Françoise Shapiro a découvert et fondé la méthode EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) ; balayant du regard les bosquets à sa droite, à sa gauche, elle a réalisé à la fin de sa promenade que ses angoisses étaient atténuées. Je me demande combien de personnes s’éloignent de leur réalité, de leurs questionnements en marchant, en observant, remettant inconsciemment du mouvement entre les deux hémisphères de ce qui flotte entre leurs deux oreilles à chaque pas.

 

Imaginez un bel endroit en pleine campagne, une belle journée de ciel bleu et de soleil. Vous ressentez la caresse du soleil sur votre peau, la légère brise du vent, vous sentez l’odeur puissante de la végétation, vous entendez les oiseaux gazouiller et vous êtes bien. Le voyage commence…

 

Enjoy !